Droits des femmes et égalité de genre – 2016 – Bruxelles sur Seine

Droits des femmes et égalité de genre – 2016

Il est communément accepté que le premier combat de masse des femmes fut celui qu’elles ont mené pour conquérir le droit de vote et le droit au travail, même si les premières revendications féministes datent de l’Epoque Moderne et portent notamment sur l’accès à l’instruction. De la fin du XIXè siècle au milieu du XXè siècle, les femmes ont réclamé des réformes qui leur assureraient des droits civils et civiques à l’égal de ceux accordés aux hommes. La majorité des féministes d’alors ne remettait pas fondamentalement en cause les rôles traditionnels, à l’exception de précurseur-es qui critiquaient ouvertement ces normes.

Après la Seconde guerre mondiale, les femmes entrent plus massivement sur le marché du travail et dans les Universités. A cette époque, la découverte d’une nouvelle technique de contraception – la pilule – leur permet de pouvoir mieux maîtriser leur corps et leur sexualité. Elles prennent alors aussi conscience de leur oppression dans la famille, la sexualité, l’économie, la politique. Aux yeux des féministes, la seule solution est de renverser le système patriarcal qui les oppresse et d’instaurer de nouvelles valeurs et de nouveaux rapports entre les sexes. Elles réclament la libération des femmes face à la domination masculine.


A partir des années 1980, partant des États-Unis, la “troisième vague” est portée par des militantes qui dénoncent les oppressions qui frappent les groupes minoritaires au sein desquels s’entrecroisent les discriminations : de sexe, de classe, de “race”, d’orientation sexuelle… La catégorie homogène « femme » est remise en question car elle ne tient pas compte de l’importance que revêt la diversité au sein des groupes.

Nombre de féministes considèrent que les rapports sociaux entre femmes et hommes sont des constructions sociales qui varient selon les époques et les contextes. Pour évoluer vers plus d’égalité, ces dernières doivent être remises en question et transformées.

Le genre est alors utilisé comme outil d’analyse : il fait ressortir, au sein des sociétés et entre les sociétés, les liens qui existent entre les inégalités de genre et les autres formes d’inégalité : économiques, sociales, générationnelles, culturelles, ethniques, religieuses et politiques. L’approche « genre » devient une méthodologie de changement social.

Qu’en est-il aujourd’hui en Ile de France et en région bruxelloise ? « Les chemins qui mènent pour l’égalité » ne sont-ils pas, comme le souligne l’historienne Michelle Perrot, « interminables » ?

Le droit de vote pour les législatives ne sera accordé qu’en 1944 en France et en 1948 en Belgique, la revendication « à travail égal, salaire égal » était inscrite dès 1945 dans la législation française, ce ne sera qu’en 1975 qu’elle le sera en Belgique avec la Convention Collective de Travail 25. Il faudra attendre le 8 mars 2002 pour que l’égalité des femmes et des hommes soit inscrite dans les articles 10 et 11 de la Constitution belge. Les lois sur «l’égalité réelle» en France ou sur la lutte contre l’écart salarial en Belgique n’ont pas encore 5 ans d’existence.

Ne faut-il pas que les politiques tiennent compte des inégalités structurelles et des rapports de force qui régissent la société ? La notion d’égalité entre les femmes et les hommes, est-elle trop lisse ? Les droits des femmes restent-ils une vraie question politique ? La mixité, participe-t-elle à œuvrer à plus d’égalité ? Que penser de la création d’un ministère des Droits des femmes ? Autant de questions autour desquelles des praticiennes et des praticiens, des chercheures et chercheurs bruxellois-es et francilien-nes se croisent et travaillent à de nouvelles voies de conciliation.


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